Une photo du Rassemblement organisé par la Table régionale des centres de femmes de Montréal métropolitain Laval le 7 octobre 2008 dans le cadre de la Journée nationale des centres de femmes du Québec ayant pour thème "La pauvreté : un enfer privé, une affaire publique". Voir d'autres photos.
En 2007, L'R des centres de femmes du Québec et les centres de femmes ont fait de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale leur priorité. Cette année, pour faire suite à la bataille déjà entamée, L'R publie un recueil de témoignages décrivant la pauvreté que subissent les femmes. Avec La pauvreté : un enfer privé, une affaire publique, des centaines de femmes fréquentant les centres nous ont montré en quoi consiste la pauvreté au quotidien, mais également comment on pourrait y mettre fin. Voici un bref regard sur ce qu’elles ont livré.
LA PAUVRETÉ DES FEMMES, UN ENFER PRIVÉ, UNE AFFAIRE PUBLIQUE
Les témoignages des femmes illustrent l’enfer de la pauvreté au quotidien et proposent des solutions collectives pour l’enrayer. Les femmes disent vivre dans un état permanent de stress et d’insécurité car l'avenir comme le présent n'offrent aucune garantie. La pauvreté les épuise et gruge leur énergie. Faire face aux préjugés, au rejet et à l'humiliation affectent la confiance en soi. La pauvreté veut dire aussi se priver, ne plus avoir de choix, vivre de l'isolement et être obligée de quémander.
Afin de jouir d’une plus grande sécurité financière, les femmes suggèrent que le salaire minimum et les diverses prestations soient augmentés pour atteindre un seuil acceptable. Les femmes veulent également des conditions de travail décentes et souhaitent une augmentation des services publics et des programmes sociaux. Elles reconnaissent également l'apport des organismes communautaires qui oeuvrent à la création d'un vaste réseau d'entraide et de solidarité pour vaincre la pauvreté.
LA PAUVRETÉ VUE DE L’INTÉRIEUR : DES BLESSURES À LA COLÈRE
› Avec l'augmentation du prix du panier d'épicerie et des services tels que Hydro-Québec, je sens l'étau se resserrer et j'ai de moins en moins de choix économiques. ANONYME, MAISON DES FEMMES DES BOIS-FRANCS
› Je vis dans la honte d'aller quémander de la nourriture à gauche et à droite (dans différents organismes de charité) et cela trahit ma confiance en moi. ANONYME, CARREFOUR DES FEMMES D'ANJOU
› C'est un cercle vicieux. Surtout avec les enfants qui veulent avoir tout ce que leurs amis ont. Je me sens souvent impuissante et frustrée. ANONYME, CENTRE DES FEMMES MEMPHRÉMAGOG
LA PAUVRETÉ AU QUOTIDIEN : LE CASSE-TÊTE DE LA SUBSISTANCE
› En tant que famille monoparentale, nous nous sommes habillés pendant des années dans des friperies. Nous avons compté les biscuits, aliment de luxe, jamais plus de deux par personne par repas et le yogourt n'était que pour les enfants pas pour moi. Nous sommes devenus végétariens pour économiser sur l'épicerie. ANONYME, CENTRE DES FEMMES DE RIVIÈRE-DES-PRAIRIES
› Je fréquente le centre pour briser mon isolement. J'économise pendant des semaines si je veux faire des petits cadeaux à mes petits enfants à leur anniversaire. ANONYME, AU COEUR DES FEMMES
POUR ATTEINDRE L’AUTONOMIE FINANCIÈRE : DES SOLUTIONS COLLECTIVES!
› Des services de santé et des services sociaux plus accessibles comprenant les lunettes et les soins dentaires gratuits parce que je considère que ce sont des besoins essentiels. ANONYME, COLLECTIF FÉMINISTE ROUYN-NORANDA «ENTRE-FEMMES»
› Nous pourrions atteindre notre autonomie économique si les gouvernements augmentaient le salaire minimum, indexaient l’aide sociale, changeaient les conditions d’admission à logis-rente et donnaient plus de gratuité des médicaments. ANONYME, MAISON DES FEMMES DES BOIS-FRANCS
› Une régularité d’emploi. Sensibiliser les employeurs que le congédiement et la précarité de non-renouvellement de contrat, c’est une sentence grave que de priver quelqu’un de son emploi. ANONYME, CENTRE RESSOURCES POUR FEMMES DE BEAUPORT
Joignons notre voix aux leurs et continuons de revendiquer un revenu décent pour toutes, des services publics et des programmes sociaux universels!
Page reliée : Rencontre d'une délégation de la Table Régionale des centres de femmes de Montréal-Laval avec Christine St-Pierre, L'R, 24.10.2008







