Jeannette Bertrand est une femme engagée, authentique. Tout au long de sa carrière, elle a su gagner le respect et l’admiration de ses pairs ainsi que du public. Sa contribution à la cause des femmes aura marqué plus d’une époque. Elle a même osé assumer une relation amoureuse où son homme est plus jeune qu’elle, affirmant haut et fort son droit au bonheur, sans être jugée.
Jeannette Bertrand voit le jour le 25 janvier 1925 à Montréal. Jeune fille déterminée, elle complète ses études en journalisme à l’Université de Montréal. Dès 1950, le Petit Journal lui confie la chronique «Opinions de femmes». Elle y utilise l’humour pour traiter de sujets féministes à l’époque où le mouvement n’est encore qu’embryonnaire. Elle anime à la radio pendant plusieurs années avant de se tourner vers la télé. Elle innove dans le genre téléroman et dramatique. Qui ne se souvient pas de «Quelle famille!» de «Jean et Jeannette» ou de «Grand-papa» qui dressent le portrait de la famille québécoise d’alors? Suivront des dramatiques poignantes où l’auteure ose briser des tabous en parlant ouvertement de thèmes délicats comme l’homosexualité, le sida, le suicide, le jeu, la solitude et la violence faite aux femmes. «Avec un grand A» et «Parler pour parler», points de mire de la télévision, lui servent de tribunes pour les causes auxquelles elle s’identifie : l’amélioration de la condition féminine et, plus précisément, l’émancipation. Madame Bertrand laisse également sa marque au théâtre, «Moi Tarzan, Toi Jane» et «Dis-moi si j’dérange».
En 2006, elle écrit pour Céline Dion «Berceuse», une chanson qu’on retrouve sur l’album «D’elles» (mai 2007). C’est à cette époque que Jeannette et sa fille apprennent, à quelques semaines d’intervalle, qu’elles sont atteintes du cancer du sein. Le public, lui, ne l’apprendra qu’en septembre 2008. Les deux battantes parlent alors de leur combat dans le cadre du lancement de la campagne de financement du Groupe de recherche en cancer du C.H.U.M. Artiste aux multiples talents, Madame Bertrand cumule les titres honorifiques :
1990 : nommée «Femme du siècle» par le Salon de la Femme de Montréal.
1992 : reçue Officier de l’Ordre National du Québec.
2002 : reçue Officier de l’Ordre du Canada.
2003 : honorée du prix Condorcet.
2005 : gagnante du Prix du grand public du Salon du livre de Montréal.
2006 : gratifiée d’un Doctorat es lettres par l’Université Laval pour souligner l’engagement social exemplaire et le rayonnement de cette grande Québécoise.
Merci à toi Jeannette. Tu as été et tu es toujours un modèle positif pour les femmes d’ici et d’ailleurs.
Lili Ringuet






