Le 3 septembre 2009, le Journal de Montréal faisait paraître un texte en page 46, sur deux colonnes de neuf lignes chacune, sous le titre : "Réforme du Régime des rentes. LES FEMMES SERAIENT LES PLUS PÉNALISÉES…" Qui l’a lu? Une membre du comité journal! Elle souhaite partager avec vous cette nouvelle afin que vous sachiez… Cette réforme nous concerne, c’est donc à nous de nous informer car c’est aussi à nous d’agir!
Le Régime de rentes du Québec (RRQ) faisait l’objet d’une commission parlementaire du 27 août au 3 septembre 2009. Une trentaine d’organismes, de groupes ou d’individus étaient invités à faire valoir leur point de vue et à débattre des mesures proposées par la RRQ pour retrouver l’équilibre budgétaire.
À la mi-juin, l’annonce d’une consultation pour la fin d’août laissait supposer que le gouvernement essayait de passer ses propositions de coupes majeures au RRQ en échappant au «radar public». En effet, c’est la période de l’année où les groupes de femmes ont le moins de disponibilité pour se rencontrer, se consulter et se mobiliser, car plusieurs bureaux sont fermés pour la période des vacances et le personnel au courant des dossiers politiques est majoritairement absent. Discussions et concertation entre groupes sont donc interrompues.
En profite-t-on pour discuter d’enjeux majeurs pour les femmes et les plus démunis? (réf.: inspiré du résumé d'un mémoire rédigé par 14 groupes de femmes). Toutefois, des féministes militantes de 14 groupes de femmes ont tout de même analysé le document de consultation «Vers un Régime de rentes du Québec renforcé et plus équitable». Elles ont constaté que, dans l’ensemble, cette réforme affaiblirait le RRQ et le rendrait inéquitable à l’égard des femmes, des jeunes, des personnes invalides et de la classe moyenne en général. Par la suite, en septembre 2009, ces mêmes femmes déposaient un mémoire dans le cadre de la consultation de la Commission des Affaires sociales : «Les femmes ont toujours besoin du Régime de rentes du Québec. Vers un Régime de rentes du Québec renforcé et plus équitable».
Le RRQ accuse un déficit de 9 milliards $ en raison de la crise du papier commercial adossé à des actifs (PCAA). La régie, l’un des déposants de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a fait les frais des mauvais rendements de la Caisse, qui a déclaré des pertes de près de 40 milliards $ en 2008.
Pour combler son déficit de 9 milliards $, le RRQ envisage de changer les critères d’admission à son régime et de diminuer le montant des rentes de plusieurs Québécois-es. Les prestataires de la rente du conjoint survivant, dont 8 sur 10 sont des femmes, ne pourraient bénéficier de leur rente que pendant une période maximale de 10 ans ou encore jusqu’à l’âge de 65 ans. Cette rente est actuellement viagère, c’est-à-dire qu’elle est accordée jusqu’au décès de la personne qui en bénéficie.
Dans un mémoire présenté à la commission parlementaire sur le RRQ, la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), Christiane Pelchat, s’est vivement opposée à ces changements souhaités par le RRQ. Selon les calculs effectués par le CSF, une veuve qui reçoit actuellement 553$ par mois en rente combinée (avec des prestations de retraite) verrait son revenu fondre à 286$ par mois si les modifications au RRQ étaient adoptées. Le CSF considère que la moitié des économies qui seraient ainsi réalisées pénaliseraient directement les femmes. Cela appauvrirait les femmes qui ont rempli les rôles traditionnels de mère et d’aidante pendant leur vie active.
Pour éviter cette situation, le CSF suggère plutôt que les Québécois-es qui cotisent au RRQ paient 1 à 2% de plus pour effacer le déficit. Selon Mme Pelchat, plusieurs facteurs contribuent au fait que les femmes cotisent moins que les hommes, entre autres parce qu’un bon nombre d’entre elles travaillent à temps partiel. Mme Pelchat soutient que 45% des femmes avec enfants travaillent à un salaire de moins de 15$ l’heure.
par Manon C.
Page reliée : Les femmes ont toujours besoin du Régime de rentes du Québec, FAFMRQ, 31.08.2009






